Publié le 31/03/2009 à 12:00 par secondevie
A quoi il me sert ce espace vide? défouloir de rien, à attendre un bon regard de ma part. a quoi il me sert cet espace vide?
Me défouler de quoi? de quelle vie? ma vie insipide où il ne se passe décidément plus grand chose. A part quelques rebondissements orgasmiques, tout s'écoule comme sur du papier à musique. Écrit à l'avance. Je rejoue une partition à très peu de variations. Pas de bémol à la clé. Tracer sur la facilité. Clé de sol à l'appui.
Ecrire sur un espace vide des choses vides.
Me réinventer encore? se remettre à rêver de vie qui ne sont plus? peut-être. peupler cet endroit de moi qui ne sont pas.
Putain, 25 ans et pas l'ombre d'une amélioration en vue.
Publié le 23/02/2009 à 12:00 par secondevie
Qu'il est long et difficile le chemin de la vie. toutes ces épreuves qu'il nous faut traverser. Et quand la plus cruelle de toutes s'abat sur nos épaules et nous fait courver l'échine, que de force il nous faut pour continuer à avancer.
avancer toujours, malgré le poids de la fatalité. Avancer encore sous ces nuages pesants et le cortège de la vie jouant sa marche funèbre, comme une ultime nique à notre labeur sur terre.
Ironique. Comme elle est ironique cette vie où les enfants partanet avant les parents; et restent ceux qui n'ont plus que la solitude comme compagne. Fauchés comme les blés la jeunesse dorée et prometteuse, tandis qu'attendent dans de sombres couloirs ces mains tremblantes et ridées, s'aggripant de toutes leurs forces aux accoudoirs de leur fauteuil défoncé tandis que les tic-tacs de la pendule leur fond craindre le dernier soubressaut.
Quelle ironie que la vie. Quel désespoir aussi.
Publié le 18/01/2007 à 12:00 par secondevie
Episodique. La cadence à laquelle je lui parle. Trois à quatre fois par an. En coup de vent. Comme ça. Ca va? oui? cool moi aussi.
Et à chaque fois c'est le même effet. Le cœur palpite et un grand sourire quand je vois son nom apparaître. Et un seul mot résonne au creux de ma tête. Des mots. Ses mots. Tes mots.
Tes mots qui me font vibrer le cœur et l'esprit. Tes mots qui me font vivre milles vies insensées et qui pourtant se ressemblent toutes. Des gens qui se croisent. Sans jamais vraiment s'arrêter. Un peu comme nous en quelque sorte. Mais peut-être trouve tu ça simpliste. Car les histoires que tu déroules sont bien plus intenses, bien plus passionnées. Et la notre est éphémère et ne tient qu'à quelques mots. Bien peu pour toi...
Tes mots qui coulent sur la page comme dans mes veines. Et les prononcer à voix haute pour le sentir passer sur ma langue. Comme une douceur. Pour le sentir caresser le creux de l’oreille. Comme un murmure. J'ai appris à connaître ta façon d'écrire et j'anticipe parfois ce que tu pourrais dire. Mais souvent encore, tu me surprends.
Ca te fait quoi de savoir que tu es un meurtrier de masse? à tuer ainsi toutes les ingénues de 20 ans? A nous laisser toutes chancelantes, les joues roses, les yeux brillants, le sourire timide comme si nous partagions un secret? Comme si tu t'adressais directement à nous. Mais de nous, tu es bien loin… Tu me l'as dit un jour. Y'a que les gamines qui te courent après. Peut-être bien parce qu'on a toujours cette fichue part de romantisme qui s'évapore ou qui se fait plus timide avec l'âge.
Tu parles d'amour avec simplicité pourtant. Mais tes histoires sont loin de l'être. Au fur et à mesure se sont toujours les mêmes histoires qui reviennent. Des personnes qui s'étreignent sans jamais se retenir. Comme des mirages qu'on sert contre soi. Mais non. Ils ne font jamais que s'évaporer. Finir, disparaître, il faut se séparer. alors que nous, nous et notre romantisme exacerbé, nous et nos rêves shootés aux comptes de fées, on aimerait bien voir une fin heureuse pour changer. Ou personne ne se sépare. Ou personne ne se déchire, ou la passion n'est pas morte. Pas encore. Non, pas encore... On y croit nous. On y croit jusqu'à la dernière ligne, jusqu'au moment où on découvre que non. c'est pas encore pour cette fois le Happy End...
Un jour peut-être j’assisterais à une de tes pièces. Cachée au fond de la salle. Sans un bruit. Juste pour entendre tes mots résonner en vrai. Et me les murmurer à moi-même pour les avoir trop lus. Partant avant la fin du spectacle, pour espérer une autre fin.
Publié le 08/01/2007 à 12:00 par secondevie
Il fait froid dans cette cave. Et noir. je sais pas depuis combien de temps je suis ici finalement. J'hésite entre 3 jours et 3 heures. La lumière ne change pas. L'air est toujours aussi humide. J'ai juste un peu plus froid.
Occuper son esprit. J'avais lu ca dans je sais plus quel bouquin. Un planqué qui jouait aux échecs sur des restes de couvertures avec de la mie de pain. Un vague souvenir. Et la je me dis que ca aurait payé de me concentrer pour une fois...
J'ai rien pour jouer aux échecs. Et j'ai jamais aimé ce jeu. Ca demande trop de réflexion .et j'ai jamais aimé la réflexion. Réflexion faite, j'aurais peut-être du jouer... J'aurais pas fini dans cette merde.
Bon alors disons que je suis le roi et que le cavalier m'a mis en échec et que j'ai l'impression que je vais bien finir mat (c'est bien comme ça qu'on dit?) si je me bouge pas les fesses. En même temps, j'ai deux pions de 100 Kg et 2 mètre chacun devant ma porte, un fou sniper dans le bureau du dessus prêt à dégainer et ce connard de roi qui doit s'étouffer dans sa graisse en pensant que je suis fait comme un rat.
Bon... il aurait fait quoi le type à la mie de pain?! moi je l'aurais bouffé sa mie de pain. J'ai l'estomac qui s'ingurgite lui même là... j'ai lu que c'était ça mourir de faim. Quand tu te bouffes de l'intérieur.
Avec toute la graisse qu'il a l'autre, je pense qu'il peut vivre centenaire en se bouffant lui-même.
Je sens déjà une partie de mon estomac qui fait office d'entrée. Coriace mais goûteux. Un peu de sel aurait été judicieux. Je l'aurais fait griller comme un bon steak avant de l'ingurgiter.
Nan, il a raison le type aux échecs. Faut que je m'occupe. Je commence à perdre la boule à m'imaginer me bouffer moi-même. Mais je vais quand même pas compter toutes les pierres autour de moi. Enfin qui sait, je vais peut-être me révéler être un Rainman du comptage de pierres? Approchez mesdames et messieurs! venez voir notre phénomène qui fait frire son estomac et compte le nombre pierres d'un mur en un simple coup d'oeil! approchez! approchez!
C'est peut-être ça, ce qu'il veut le gros. Faire de moi un phénomène de foire? Peut-être qu'être Mac ne paye plus assez et que les montreurs de monstres sont plus pêtés de thunes qu'il n'y parait...
Promis, si je sors, je chope un nain, une femme à barbe ou des siamois et je les fais tourner à travers le pays. Quasimodo, ta gloire est assurée avec moi!
J'ai beau perdre la boule, j'ai toujours aussi froid. Et je suis trempé par l'humidité ambiante. Si je crève pas d'une balle, je mourrais de la tuberculose. Pas classe....J'ai pourtant tout fait pour mourir de Syphilis... une mort de poète, ca m'aurait bien fait triper. Comme quoi, quand la mort arrive, elle vous laisse pas forcément le choix des armes.
Publié le 22/12/2006 à 12:00 par secondevie
On arrive à la période de Noël. Cette période a toujours eu le don de me déprimer. Ca me rappelle les foyers froids et vides, mes parents autour d’une table silencieux. Voilà, pour moi Noël, c’est synonyme de silence. Un silence profond en moi. Un peu plus et j’entendrais le bruit de la mer. Et toutes ces effusions autour de moi, ces chants, ces échanges, ces rires, ces bavardages, les verres qui trinquent, les couteaux et fourchettes qui s’entrechoquent, le bruit des cloches… tout ceci ne fait qu’accentuer encore plus le silence en moi. Comme si j’étais dans une coquille, sourde au reste du monde, je n’ai que les images. C’est assez étrange de n’avoir que les images sans le bruit. Bizarre et reposant.
Et puis de toutes façons, Noël ne dure qu’une journée. Ce qui est chiant c’est la période de préparation qui la précède. C’est clinquant, scintillant, plein de bonne volonté. Mais que reste-t-il au lendemain du 25. des cartons vides, du papier froissé, des verres à moitié vide d’un champagne qui a perdu son âme avec ses bulles, des assiettes sales, un matin gris, le sapin magnifique qui nous encombre et qui a perdu de sa superbe, l’odeur de la cigarette froide, le maquillage fané qu’on a oublié d’enlever la veille, la gueule de bois, la nausée. On se sent vide au lendemain de Noël.
Moi je m’évite ce brutal retour à la réalité en restant vide durant toute cette période. J’ai déjà tenté de fêter. Mais ça m’avait toujours semblé plus pathétique qu’autre chose. On a l’impression que si on est seul pour Noël, c’est une fin du monde. Certain ne supporte pas. Moi j’aime cette solitude. De toutes façons, je n’y ai jamais cru. J’évolue en gris dans un monde vert et rouge, aux touches dorées par des sourires de façade. Je marche au ralenti dans la course au jouet. Comme un obstacle entre vous et la dernière console à la mode.
Le 24 au soir, je me promène dans les rues encore agitées des spasmes du dernier achat. Les vendeurs qui trépignent de pouvoir fermer, les derniers badauds qui pressent le pas. Les familles endimanchées qui font dîner chez Tata Danielle, petit à petit, les rues se vident. La ville marche au ralenti. Et elle m’oublie. Non pas qu’elle ai déjà pensé à moi, mais la ville est tournée vers son réveillon. Et elle me laisse là, sur mon banc à regarder les étoiles.
Publié le 15/12/2006 à 12:00 par secondevie
Deux jours que j'ai pas vu la lumière. Cet enfoiré à tout verrouillé. Mes plans de vengeance sont définitivement tombés à l'eau. Avant de crever je ferais un dernier coup d'éclat. Cette cave est infecte. Moisie. J'ai tourné autour des pierres humides à la rechercher d'un échapatoir. sans rien trouver que les traces d'ongles de ceux qui m'ont précédée. Rien. De plus ou de moins.
J'ai même pas eu de procès en bonne et due forme. Je vais crever par la volonté suprême. Dieu tue à l'aveuglette, il en fera autant. Je me demande comment on survit quand on se prend pour Dieu.
J'me dis que j'aurais bien voulu prévenir des gens que je reviendrais pas. Mais quels gens? Ya plus personne. Peut-être celui qui m'a embauché... "au fait j'ai foiré. Pas la peine de me payer. de toute façon j'en aurais plus besoin" ou prévenir le prêteur que je pourrais pas le rembourser. Ou prévenir le client de filer l'argent au prêteur. comme ça quand j'arriverai devant le Tribunal d'en haut, j'aurais au moins réglé mes merdes financières. M'est d'avis que je serais jugée pour d'autre chose. Mais ce sera déjà ça en moins sur ma condamnation à l'expiation... j'aurais peut-être juste jusqu'à la fin des temps plutôt que l'Eternité.
J'entends les planches du plafond qui craquent. Avant de mourir, je devrais peut-être lui dire de refaire son parquet. un jour il traversera le sol. En même temps, se retrouver dans la fange où il m'a enfermé, ca lui ferait pas de mal. Il pourra se rouler dedans comme le porc qu'il est. Toute la merde et les cadavres qu'il a amassé depuis des années. Chuis sûre que ca risquerait encore de le faire jouir ce con.
En parlant de merde. Je viens de comprendre d'où vient l'odeur ici. Ya pas de toilettes. A la place, un espèce de trou qui déborde. Même les mouches ont trouvé cet endroit trop glauque pour venir s'y aventurer.
Il doit plus me rester beaucoup de temps. Ou peut-être juste assez pour faire ma BA... Savoir où j'ai foiré pour en être arrivée là. Ou si j'étais déjà dans la merde quand je suis née...
Publié le 05/12/2006 à 12:00 par secondevie
J'aurais pu être blonde. Ou même rousse. Avoir des cheveux fins, ou plus bouclés.
J'aurais pu être plus fine, plus ronde, plus douce, plus féminine.
J'aurais pu être plus attirante. Ou plus irritante.
J'aurais pu être un homme. Un grand sportif, un bel artiste. J'aurais pu naître au Nord ou au Sud.
J'aurais pu parler une autre langue.
J'aurais pu avoir d'autres parents.
J'aurais pu avoir des soeurs. Ou plusieurs frères, ou être fils unique.
J'aurais pu naître en Suède, faire du ski toute la journée
J'aurais pu être américain. Vivre dans un fast-food niké de la tête au pieds.
J'aurais pu ne pas m'arrêter à des stéréotypes.
J'aurais pu devoir me battre pour survivre.
J'aurais pu naître sous une bonne étoile.
J'aurais pu devenir célèbre sous les spots du festival de Cannes.
J'aurais aussi très bien pu crever sous un pont de Paname.
J'aurais pu avoir des convictions, qui m'auraient pousser à me dépasser.
J'aurais pu ne rien faire de ma vie. Vivre prostré comme un légume.
J'aurais pu avoir des opinions tranchées, et j'aurais manifesté pour elles.
J'aurais pu ne rien en avoir à foutre et envoyer les gens bouler.
J'aurais pu acheter chez Emmaüs.
J'aurais pu me fournir chez Ikéa.
J'aurais pu être marginal.
J'aurais pu m'intégrer dans la société.
J'aurais pu mourir d'une balle dans la tête parce que je me serais opposé.
J'aurais pu mourir d'un infractus, parce que j'aurais été trop consommable.
J'aurais pu manipuler les foules.
J'aurais pu être un mouton.
J'aurais pu rassembler les troupes.
J'aurais pu semer la discorde.
J'aurais pu naître hier.
Ou même aujourd'hui.
J'aurais pu naître demain. En pensant à ce que je ne fus pas.
J'aurais pu être tout, j'aurais pu être rien.
Je serais toujours moi.
Publié le 04/12/2006 à 12:00 par secondevie
Vous réagiriez comment si quelqu'un venait vous dire que vous venez tout bonnement de foirer votre vie?
Publié le 29/11/2006 à 12:00 par secondevie
Le nez dans la poussière. Ou j'aurais plutôt du dire la gueule dans la poussière. Prête à la morde, à pleine dents. si seulement la poussière était mordable. Pas comme son tibia, là. Juste à proximité. Le choper, lui lacérer la peau à coups de cutter dentaire. Par simple vengeance? non, juste par envie.
Parce que je ne supporte pas qu'on me traite comme une sous-merde. La raison pour laquelle j'étais là. Parce que j'ai une fierté. Mal placée diront certains. Légitime pour d'autres.
Mais elle a une raison.
Je le vois justee à porté de main ce putain de flingue. Mais mes mains sont hors de portée. Il ricane l'enflure. il suffoque de tout son être devant ma situation. Crêve connard, agonise dans ton rire gras. Que toute la saloperie qui tu as en toi depuis toutes ses années montent comme une vague et te submerge. Crêve danas ta merde.
Ma fierté mal placée ou légitime m'amène à ce triste état de fait. Je suis dans une merde pas possible. Je sais pas comment je vais m'en tirer cette fois-ci. Fini les pirouettes et les pas de danse. La je suis coincée. Et la gueule dans la poussière. Pourvu que je ne fasse pas une allergie....
"Alors mon petit chat... on a voulu régler le problème toute seule?" Il m'attrape par les cheveux et soulève ma tête. J'ai le goût de la poussière dans la bouche. Et peut-être bien aussi celui du sang. Je dois avoir le nez cassé ou un truc du genre, parce que je souffre bien là... Les oreilles bourdonnent, mes bras me font mal. Un connard marche sur mon pied droit. Bref la totale.
Je vois rouge, je n'entends plus rien. Mais je ne pourrais dire si c'est par haine ou par douleur.
Il approche le canon de ma gorge.
Un jour je te tuerai...
Publié le 27/08/2006 à 12:00 par secondevie
in a Cemetary where the crows used to cry